Energie · San Francisco, États-Unis
San Francisco zéro déchet : la révolution de la gestion des déchets aux États-Unis

Dans les rues de San Francisco, trois bacs attendent chaque foyer : bleu pour le recyclage, vert pour le compost, noir pour la décharge. Avec Recology, détenue par ses salariés, la ville vise le zéro déchet depuis 2002 et envoie chaque jour des centaines de tonnes de restes alimentaires au compostage, dont le terreau part aux fermes et aux vignobles.
Sommaire
Contexte du cas
San Francisco compte 873 965 habitants au recensement de 2020, et environ 826 000 selon l’estimation du Bureau du recensement pour juillet 2025. Ville dense, bâtie à la pointe d’une péninsule, elle produit chaque année des centaines de milliers de tonnes de déchets.
Dans Demain, le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent sorti en 2015, une séquence est consacrée à ce que le dossier pédagogique du film appelle « le traitement des déchets à l’échelle d’une mégapole ». Robert Reed, porte-parole de Recology, l’entreprise qui collecte les déchets de la ville, y présente la démarche. Le film n’entre pas dans le détail des chiffres : ceux qui suivent viennent de la municipalité, de l’entreprise et de la presse.
Une politique ancienne
La ville ne part pas de rien. En 1990, elle détourne déjà 25 % de ses déchets de la décharge, selon le département de l’Environnement de San Francisco. En 2002, ce taux atteint 63 %, au-delà des 50 % exigés alors par l’État de Californie. La même année, le conseil des superviseurs, l’assemblée municipale, adopte un objectif de 75 % de détournement pour 2010 et un objectif de long terme : le zéro déchet. L’échéance de 2020 est ensuite retenue pour cet objectif.
Derrière ce slogan, la ville ne promet pas la disparition de toute poubelle. Elle vise à ne plus rien envoyer ni en décharge ni à l’incinération, en réduisant les déchets à la source et en recyclant ou en compostant tout le reste.
Une population à convaincre
Le défi reste considérable. Il faut convaincre des centaines de milliers d’habitants de changer leurs habitudes, dans une ville où cohabitent maisons individuelles, grands immeubles, restaurants et bureaux, et où de nombreuses langues sont parlées. La politique du zéro déchet passe donc autant par l’éducation que par les équipements.
Présentation de l’initiative
Au cœur du dispositif se trouve Recology, qui détient un contrat de collecte des déchets de la ville attribué sans mise en concurrence. L’entreprise travaille avec le département de l’Environnement, chargé de fixer les règles et d’accompagner habitants et entreprises.
Recology, une entreprise détenue par ses salariés
Recology n’est pas une coopérative, contrairement à ce qu’on lit souvent, mais une entreprise entièrement détenue par ses salariés au travers d’un plan d’actionnariat salarié, un ESOP selon l’acronyme américain. Son histoire remonte aux immigrés italiens qui, au XIXe siècle, collectaient et triaient les ordures de la ville et se faisaient appeler les scavengers, les récupérateurs. En 1921, deux entreprises, la Scavenger’s Protective Association et la Sunset Scavenger Company, reçoivent des licences exclusives de collecte. En 1986, la société qui les regroupe, Norcal, est vendue à ses 570 salariés et à leur plan d’actionnariat. Elle prend le nom de Recology en 2009. Selon Wikipédia, elle employait environ 3 700 personnes en 2021.
Trois bacs pour trois flux
Le système repose sur un principe simple : chaque flux de déchets a son bac. Le bleu reçoit les matériaux recyclables, le vert les matières compostables, le noir ce qui part à la décharge. Chez un particulier, les tailles des bacs résument la philosophie : 64 gallons pour le recyclage, 32 pour le compost et 16 seulement pour la décharge, soit environ 240, 120 et 60 litres, selon CNBC. Le système à trois bacs est installé pour les maisons individuelles dès 2000, quand la collecte des restes alimentaires est étendue aux ménages.
Recology gère toute la chaîne, de la collecte au tri et au compostage. Son centre de tri de San Francisco traite 40 à 45 tonnes de matériaux par heure, toujours selon CNBC.
Le compost, clé de voûte du système
L’innovation majeure concerne les restes alimentaires. San Francisco a lancé en 1996 un projet pilote de collecte auprès des commerces, avant de l’étendre aux habitants. L’agence américaine de protection de l’environnement le décrit comme le premier et le plus grand programme urbain de compostage des restes alimentaires du pays. Les épluchures, restes de repas et papiers souillés partent vers des plateformes de compostage de Recology, dans l’intérieur de la Californie.
Objectifs et vision
L’ambition affichée dépasse la simple amélioration du service. En se fixant le zéro déchet pour 2020, la ville se donne un horizon de près de vingt ans, rare dans la politique municipale américaine.
Ne plus rien enfouir
L’objectif est de détourner le maximum de matériaux des décharges et de l’incinération, pour les réintégrer dans des cycles de production. Le département de l’Environnement met en avant les bénéfices du compost pour les sols agricoles, qu’il aide à retenir l’eau. Chaque tonne de restes alimentaires compostée est aussi une tonne qui ne se décompose pas en décharge, où elle produirait du méthane.
Faire du tri un geste civique
Au-delà des aspects techniques, la ville veut faire de ses habitants des acteurs de la transition écologique. Le tri devient un geste quotidien de citoyenneté. Le département de l’Environnement l’assume : il privilégie l’éducation et l’accompagnement, et ne recourt aux amendes qu’en dernier ressort.
Un objectif revu pour 2030
Le cap de 2020 a été remplacé. En 2018, la ville adopte deux nouveaux objectifs, calculés par rapport à 2015 : réduire d’au moins 15 % la production de déchets et d’au moins 50 % les quantités envoyées en décharge ou à l’incinération d’ici à 2030. Ces objectifs ont ensuite été repris dans les objectifs climatiques adoptés par le conseil des superviseurs. Le zéro déchet reste l’horizon, mais la ville suit désormais de près ce qu’elle envoie en décharge, qu’elle publie dans un tableau de bord, plutôt que le seul taux de détournement.
Actions concrètes mises en place
La mise en œuvre s’est faite par étapes, sur une quinzaine d’années, en combinant règles, équipements et pédagogie.
Le compost et le recyclage obligatoires depuis 2009
L’étape décisive date de 2009. L’ordonnance sur le recyclage et le compostage obligatoires, entrée en vigueur le 21 octobre 2009, impose à tous, habitants comme entreprises, de séparer recyclables, compostables et déchets destinés à la décharge. C’est, selon Wikipédia, la première ordonnance municipale des États-Unis à exiger le tri à la source de toutes les matières organiques. Les propriétaires d’immeubles doivent fournir les bacs nécessaires à leurs locataires.
Le texte prévoit des amendes, plafonnées à 100 dollars pour une maison individuelle et pouvant atteindre 1 000 dollars pour les grandes entreprises. Les montants de 500 à 1 000 dollars qui avaient circulé pour les particuliers n’étaient qu’un projet : en 2008, le maire Gavin Newsom a demandé de plafonner à 100 dollars les amendes visant les habitants.
Des consignes simples et un accompagnement
Le bac bleu accueille papiers, cartons, bouteilles en plastique et en verre, canettes. Le bac vert reçoit les restes de repas, les épluchures, le marc de café, les déchets de jardin, mais aussi les papiers gras ou souillés. Le bac noir ne devrait contenir que ce qui ne peut aller nulle part ailleurs.
Pour faire connaître ces consignes, la ville et Recology vont au-devant des habitants, des commerces et des écoles. En 2011, le programme de compostage touchait environ 7 200 comptes commerciaux, et en 2012 la collecte des restes alimentaires était proposée à environ 90 % des 350 000 ménages de la ville, selon le département de l’Environnement. Selon BioCycle, les comptes commerciaux participant au compostage sont passés de 3 500 à plus de 7 200 en moins de deux ans après l’ordonnance, et environ 95 % des établissements de restauration y participaient.
Depuis 2018, une nouvelle ordonnance impose aux gros producteurs de déchets un audit tous les trois ans pour vérifier la qualité de leur tri, et une réglementation de 2019 prévoit des mesures contre ceux qui ne s’y conforment pas.
Du bac vert aux vignobles
Les matières du bac vert partent vers des plateformes de compostage de Recology. National Geographic décrivait en 2013 celle de Jepson Prairie Organics, à Vacaville, à environ 89 kilomètres à l’est de San Francisco. Le compost y est vendu à des particuliers, à des paysagistes et à des agriculteurs, et il est autorisé en agriculture biologique certifiée. Les domaines viticoles de Napa et de Sonoma en sont de gros acheteurs, appréciant sa richesse en nutriments. En 2021, le département de l’Environnement mentionnait aussi la plateforme Blossom Valley Organics de Recology, près de Vernalis.
« Nous voulons tous une salade de laitue rouge bien saine au déjeuner. Renvoyer les restes alimentaires à la ferme aide à y parvenir. »
Robert Reed, porte-parole de Recology, cité par National Geographic en 2013 (traduction)
Réduire à la source
Le programme s’attaque aussi à la production de déchets. En 2006, la ville interdit les barquettes et gobelets en polystyrène dans la restauration. En 2007, San Francisco devient la première ville des États-Unis à interdire les sacs plastiques jetables en caisse dans les supermarchés et les grandes pharmacies, avec un texte porté par le superviseur Ross Mirkarimi et adopté par dix voix contre une. En 2012, l’interdiction est étendue à tous les commerces, avec un prix minimum de 10 cents pour les sacs autorisés, porté à 25 cents en 2019. La ville encadre aussi l’achat et la vente d’eau en bouteille sur ses propriétés. La Californie a suivi en 2014, en devenant le premier État américain à interdire les sacs plastiques à usage unique dans les épiceries et les pharmacies.
Résultats observés
Les résultats ont fait de San Francisco une référence mondiale du zéro déchet, mais leur mesure a été discutée.
Le cap des 80 pour cent
Le taux de détournement monte vite. Il atteint 77 % en 2008, deux ans avant l’échéance fixée pour l’objectif de 75 %. En octobre 2012, le maire Ed Lee annonce un taux de 80 %, un record pour une grande ville nord-américaine, tout en reconnaissant que 440 000 tonnes partent encore chaque année à la décharge, selon CBS. C’est ce chiffre de 80 % qui circule au moment du tournage de Demain, et que CNBC reprend encore en 2018, en le comparant à une moyenne nationale de 34 %, à 21 % pour New York et à 10 % pour Chicago.
Le bac bleu fonctionne bien : selon le San Francisco Public Press, 81 % de ce qui y est déposé est effectivement recyclé en 2020, l’un des meilleurs résultats du pays. Pour les objets qu’elle ne peut pas interdire, la ville n’hésite pas à les rendre payants, expliquaient ses responsables à CNBC : c’est la logique du prix imposé sur les sacs de caisse, qui fait du zéro déchet une affaire de porte-monnaie autant que de conviction.
Des centaines de tonnes de compost par jour
Le résultat le plus tangible concerne les matières organiques. Avant l’ordonnance de 2009, la ville envoyait environ 400 tonnes de compostables par jour à Recology. Après son entrée en vigueur, BioCycle en compte près de 600 en 2011, un chiffre que National Geographic reprend en 2013. En 2021, pour les 25 ans du programme, le département de l’Environnement indique environ 500 tonnes par jour et 2,5 millions de tonnes détournées de la décharge depuis 1996. En mai 2026, pour les 30 ans de la collecte, Robert Reed, toujours porte-parole de Recology, rappelait sur ABC7 que ce compost part vers des fermes de la région.
Un modèle zéro déchet étudié dans le monde
La ville reçoit des délégations étrangères, et Robert Reed cite en 2026 des visiteurs venus du Brésil ou de Mongolie. Selon ABC7, environ 400 villes américaines proposent aujourd’hui une collecte des biodéchets en porte-à-porte. L’expérience inspire aussi l’Europe.
« Nous avons contribué à inspirer une loi nationale en France. »
Robert Reed, porte-parole de Recology, interrogé par ABC7 en mai 2026 (traduction)
En France, le tri à la source des biodéchets est en effet devenu obligatoire pour tous les particuliers et les professionnels le 1er janvier 2024, en application de la loi antigaspillage de 2020. Le lien direct avec San Francisco est l’avis de Recology, mais la parenté des démarches est évidente.
Difficultés ou limites rencontrées
Malgré ces succès, le chemin vers le zéro déchet s’est révélé plus long que prévu, et plusieurs critiques documentées nuancent le tableau.
Un taux de 80 pour cent contesté
Dès décembre 2013, la chercheuse Samantha MacBride, sur le site Discard Studies, relève que le calcul de San Francisco inclut de grandes quantités de gravats et de terres de chantier, ainsi que des boues d’épuration épandues en agriculture, ce que la plupart des villes ne comptent pas. Sans ces flux, le taux tomberait autour de 60 %, un niveau comparable à celui de Portland ou de Seattle. Elle note aussi que chaque habitant envoie encore environ 1,2 kilo de déchets par jour en décharge.
Le tableau de bord municipal va dans le même sens pour les ménages et les petites entreprises : leur taux de valorisation a dépassé 60 % fin 2012, mais il plafonne sous ce seuil depuis. En novembre 2020, le San Francisco Public Press rapporte que près de la moitié de ce que collecte Recology finit encore en décharge ou à l’incinération. Le département de l’Environnement fait le même constat sur les trois bacs.
Un objectif zéro déchet 2020 manqué
L’objectif du zéro déchet en 2020 n’a pas été atteint, et la ville l’a remplacé par les objectifs chiffrés de 2030. Une partie des matériaux restants est complexe à traiter : emballages composites, plastiques non recyclables, textiles. Le président du grand jury civil de la ville, Jonathan Gohstand, résumait en 2020 la difficulté en expliquant que tout est affaire d’échelle, les volumes étant tels que beaucoup de mesures ne changent que peu de choses.
La dépendance aux marchés du recyclage
Le recyclage dépend de débouchés lointains. Selon le San Francisco Public Press, papiers et cartons représentent 75 % des recyclables collectés, les plastiques seulement 5 %, et une grande partie des papiers et cartons part vers l’Asie du Sud-Est. Quand la Chine a durci en 2017 ses conditions d’importation, en exigeant des balles pures à 99,5 %, les centres de tri du monde entier ont dû s’adapter. La contamination des bacs, avec des plastiques dans le compost ou des restes alimentaires dans le recyclage, complique encore le travail.
Un scandale qui a touché Recology
Le modèle a aussi connu une crise de confiance. En mars 2021, Recology accepte un accord de plus de 107 millions de dollars avec la ville, dont 94,5 millions de remboursements pour quelque 160 000 abonnés, selon Waste Dive. L’enquête du procureur de la ville a montré que l’entreprise avait justifié en 2017 une hausse de tarifs de 14 % avec des calculs erronés, alors que 7 % auraient suffi, et qu’elle avait offert cadeaux et repas à des responsables municipaux entre 2016 et 2020, dans le cadre du scandale de corruption lié à l’ancien directeur des travaux publics Mohammed Nuru. Des filiales de Recology ont aussi dû payer 36 millions de dollars de pénalités pénales, selon Wikipédia. Le contrat sans mise en concurrence dont bénéficie l’entreprise en est ressorti fragilisé dans le débat public.
Un coût élevé
Le système a un prix. CNBC estimait en 2018 son coût à environ 300 millions de dollars par an, financés par les redevances de collecte payées par les habitants et les entreprises. Toutes les villes ne peuvent pas consentir un tel effort sans ajuster leurs tarifs.
Enseignements et réplicabilité
L’expérience de San Francisco offre des leçons précieuses pour toute collectivité qui veut s’engager dans le zéro déchet. Elle montre qu’une vision de long terme, portée par une volonté politique durable, peut transformer les habitudes d’une grande ville.
- Fixer un cap chiffré et le suivre : un objectif clair, révisé quand il le faut, avec des indicateurs publiés.
- Avancer par étapes : projet pilote auprès des restaurants en 1996, extension aux ménages en 2000, obligation en 2009.
- Donner plus de place aux bacs qui comptent : un grand bac de recyclage, un bac de compost, un petit bac pour la décharge.
- Accompagner avant de sanctionner : des consignes simples, des visites dans les commerces et les écoles, des amendes modérées pour les particuliers.
- Prévoir les débouchés du compost : des plateformes de compostage et des agriculteurs prêts à l’utiliser.
- Mesurer honnêtement : suivre les tonnes envoyées en décharge plutôt qu’un taux qui mélange des flux très différents.
- Encadrer l’opérateur : un contrat transparent et contrôlé, pour éviter les dérives tarifaires.
Un point de méthode mérite l’attention. Dès 2006, San Francisco a adopté une ordonnance sur la récupération des déchets de construction et de démolition, et ses statistiques de détournement comptent de gros tonnages de gravats, comme l’a relevé Samantha MacBride. Récupérer ces matériaux est utile, mais les additionner aux ordures ménagères gonfle le taux global : une ville qui s’inspire du zéro déchet de San Francisco a intérêt à suivre séparément les ordures ménagères, les biodéchets et les déchets de chantier.
La réplicabilité dépend du contexte. San Francisco dispose de moyens importants et d’une population réceptive, mais le tri en trois flux et le compostage des biodéchets se transposent à des échelles variées. En France, les collectivités doivent désormais proposer une solution de tri à la source des biodéchets, et beaucoup s’organisent en intercommunalités pour partager le coût des équipements.
Lien avec les enjeux globaux de la transition
La question des déchets touche à plusieurs dimensions de la transition écologique : climat, ressources, sols.
Le zéro déchet au service du climat
Les restes alimentaires enfouis en décharge se décomposent sans oxygène et produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Les composter évite une partie de ces émissions et rend au sol de la matière organique. C’est l’argument que met en avant la ville lorsqu’elle célèbre, en 2021, les 25 ans de son programme de compostage comme un succès pour le climat. Le zéro déchet rejoint ainsi la politique énergétique et climatique de la ville.
Une économie circulaire concrète
Le modèle californien illustre les principes de l’économie circulaire. Plutôt que le schéma linéaire « extraire, produire, consommer, jeter », il dessine des boucles : les restes des assiettes de la ville nourrissent les sols des fermes et des vignobles qui produisent une partie de son alimentation. Cette logique rejoint celle d’autres expériences présentées dans Demain et racontées sur ce site : l’agriculture urbaine de Détroit, les Incroyables Comestibles de Todmorden ou la ferme du Bec-Hellouin, en Normandie.
La responsabilité des producteurs
L’expérience interpelle enfin les industriels. Le département de l’Environnement l’a dit en 2020 par la voix de son porte-parole : les entreprises doivent concevoir des produits recyclables ou compostables. Tant que des emballages impossibles à valoriser seront mis sur le marché, aucune ville ne pourra atteindre seule le zéro déchet.
Conclusion
L’aventure de San Francisco vers le zéro déchet a transformé la relation d’une grande ville à ses poubelles. Trois bacs, une obligation de tri depuis 2009, des plateformes de compostage et une entreprise détenue par ses salariés ont permis d’envoyer chaque jour des centaines de tonnes de restes alimentaires vers les fermes et les vignobles de Californie. Robert Reed, qui intervient dans Demain, porte toujours ce message trente ans après le lancement de la collecte.
Le bilan est plus nuancé que le chiffre de 80 % ne le laissait croire. Ce taux incluait des gravats et des boues, l’objectif de 2020 a été manqué, et près de la moitié de ce que collecte Recology part encore en décharge. L’entreprise a aussi été rattrapée par un scandale de surfacturation. La ville vise désormais une réduction de moitié de ce qu’elle enfouit d’ici 2030. San Francisco reste pourtant une référence du zéro déchet : elle a montré qu’on pouvait faire du compost un geste quotidien pour des centaines de milliers de personnes, et que la réussite dépend autant de la pédagogie que des camions.
Sources détaillées
L’œuvre source
- Demain — documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, 2015, produit par Move Movie avec France 2 Cinéma, Mars Films et Mely Productions, sorti en France le 2 décembre 2015, César du meilleur film documentaire 2016. Fiche Unifrance (nouvel onglet)
- Demain (film, 2015) — fiche Wikipédia, liste des intervenants, dont Robert Reed, porte-parole de Recology. fr.wikipedia.org (nouvel onglet)
- Dossier pédagogique du film — Zérodeconduite.net, séquencier : « San Francisco, USA : le traitement des déchets à l’échelle d’une mégapole ». jeunepublic.veocinemas.fr (nouvel onglet)
Sites web officiels
- Zero Waste: Program history and outcomes — San Francisco Environment Department : chronologie, taux de détournement, déploiement du compostage. sfenvironment.org (nouvel onglet)
- Policies related to Zero Waste — San Francisco Environment Department : ordonnances sur les sacs, le polystyrène, le tri obligatoire. sfenvironment.org (nouvel onglet)
- Zero Waste FAQ — San Francisco Environment Department : objectifs 2030, date d’entrée en vigueur de l’ordonnance de 2009. sfenvironment.org (nouvel onglet)
- San Francisco Celebrates 25 years of Composting — San Francisco Environment Department, 20 octobre 2021 : 500 tonnes par jour, 2,5 millions de tonnes depuis 1996. sfenvironment.org (nouvel onglet)
- Mayor to Cap Recycling Fines at $100 — San Francisco Environment Department, 7 août 2008. sfenvironment.org (nouvel onglet)
- Residential and small business landfill diversion — tableau de bord de la ville de San Francisco. sfgov.org (nouvel onglet)
- San Francisco Adopts New Climate Action Goals — Office of the Mayor : objectifs 2030 de réduction des déchets, base 2015. sfmayor.org (nouvel onglet)
- Zero Waste Case Study: San Francisco — Agence américaine de protection de l’environnement : résolution de 2002, programmes, objectifs 2030. epa.gov (nouvel onglet)
- Recology, Our History et Employee-Owned — historique de l’entreprise et actionnariat salarié depuis 1986. recology.com (nouvel onglet) · recology.com (nouvel onglet)
- Trash to Primary Landfill — ville de San Francisco : tableau de bord du suivi des objectifs zéro déchet 2030. sf.gov (nouvel onglet)
- QuickFacts: San Francisco County — Bureau du recensement des États-Unis : population 2020 et estimation 2025. census.gov (nouvel onglet)
Articles et reportages
- San Francisco Reports 80 Percent Waste Diversion Rate — CBS San Francisco, 5 octobre 2012. cbsnews.com (nouvel onglet)
- San Francisco’s Famous 80% Waste Diversion Rate: Anatomy of an Exemplar — Samantha MacBride, Discard Studies, 6 décembre 2013. discardstudies.com (nouvel onglet)
- Despite Recycling Success, S.F.’s Zero Waste Goal Remains Elusive — San Francisco Public Press, 6 novembre 2020. sfpublicpress.org (nouvel onglet)
- How Cities Compost Mountains of Food Waste — National Geographic, 2013 : Jepson Prairie Organics, vignobles, propos de Robert Reed. nationalgeographic.com (nouvel onglet)
- How San Francisco sends less trash to the landfill than any other major U.S. city — CNBC, 13 juillet 2018 : coût, taille des bacs, centre de tri. cnbc.com (nouvel onglet)
- San Francisco curbside compost program marks 30 years — ABC7 San Francisco, 4 mai 2026 : propos de Robert Reed. abc7news.com (nouvel onglet)
- Zero Waste On San Francisco’s Horizon — BioCycle, 18 juillet 2011 : tonnages de compost avant et après l’ordonnance de 2009. biocycle.net (nouvel onglet)
- San Francisco Mandatory Recycling and Composting Ordinance — Wikipédia en anglais : adoption, amendes. en.wikipedia.org (nouvel onglet)
- San Francisco approves plastic-bag ban — NBC News, 2007 : vote du conseil des superviseurs, Ross Mirkarimi. nbcnews.com (nouvel onglet)
- Ban On Single-Use Plastic Bags Is Enacted In California — NPR, 30 septembre 2014. npr.org (nouvel onglet)
- Recology agrees to San Francisco rate settlement worth more than $107M — Waste Dive, 5 mars 2021. wastedive.com (nouvel onglet)
- SF Corruption Saga: Under Nuru’s Oversight, Garbage Company Recology Overcharged Ratepayers $95 Million — KQED, 4 mars 2021 : rôle de Mohammed Nuru, ancien directeur des travaux publics. kqed.org (nouvel onglet)
- Biodéchets : le tri devient obligatoire — info.gouv.fr, 29 décembre 2023 : obligation de tri à la source en France au 1er janvier 2024. info.gouv.fr (nouvel onglet)
- Recology — Wikipédia en anglais : effectifs, actionnariat salarié, pénalités de 2021. en.wikipedia.org (nouvel onglet)
Et chez nous ?
Qu’est-ce qui manque dans notre commune pour que nos épluchures, comme celles du bac vert de San Francisco, deviennent du compost pour les fermes voisines plutôt que des déchets ?
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