Démocratie · Angleterre, Royaume-Uni
Rob Hopkins et les villes en transition : réinventer la résilience locale

Début 2006, à Totnes, dans le Devon, Rob Hopkins, enseignant en permaculture, et Naresh Giangrande projettent des films et animent un cours du soir sur l’après-pétrole. En septembre, les habitants lancent Transition Town Totnes, la première des villes en transition. Le mouvement rassemble aujourd’hui des milliers de groupes dans près de cinquante pays, sans attendre les décisions d’en haut.
Sommaire
Contexte du cas
Au milieu des années 2000, deux inquiétudes se croisent dans les milieux écologistes britanniques. La première est le pic pétrolier : l’idée que la production mondiale de pétrole atteindra un maximum avant de décliner, rendant l’énergie plus chère et plus rare. La seconde est le changement climatique, dont les rapports scientifiques précisent alors l’ampleur. Les deux conduisent au même constat : des sociétés qui dépendent du pétrole pour se nourrir, se chauffer et se déplacer sont vulnérables.
Rob Hopkins aborde ces questions en praticien. Formé à la permaculture, une méthode de conception de lieux de vie inspirée des écosystèmes, il s’installe en 1996 avec sa famille dans le sud-ouest de l’Irlande. Il y crée, au Kinsale Further Education College, un cursus de permaculture à temps plein sur deux ans, présenté comme le premier du genre.
Kinsale, un premier plan de descente énergétique
En 2005, avec ses étudiants, Rob Hopkins rédige le Kinsale Energy Descent Action Plan, présenté comme la première tentative d’une communauté pour concevoir délibérément sa « descente » depuis le pic pétrolier. Le plan reçoit en 2005 une distinction du Cork Environmental Forum. Le conseil municipal de Kinsale apporte ensuite son soutien à ce travail d’étudiants. L’expérience convainc Rob Hopkins qu’une communauté peut préparer elle-même son avenir énergétique.
Totnes, terrain d’expérimentation
La même année, Rob Hopkins rentre en Angleterre et s’installe à Totnes, un bourg du Devon qui compte 8 241 habitants au recensement de 2021. Contrairement à ce qui est parfois écrit, ce n’est pas sa ville natale : c’est le lieu qu’il choisit pour tenter l’expérience à plus grande échelle. Début 2006, avec Naresh Giangrande, il organise des projections et des conférences, et anime un cours du soir intitulé « Skilling up for Powerdown », pour se former à un monde qui consomme moins d’énergie.
En septembre 2006, un événement baptisé « The Official Unleashing of Transition Town Totnes » lance officiellement la démarche. Transition Town Totnes devient la première ville en transition. Rob Hopkins en est le cofondateur, avec d’autres habitants : le mouvement est né d’un groupe, pas d’un homme seul.
Présentation de l’initiative
Le mouvement des villes en transition, Transition Towns en anglais, est un réseau international d’initiatives locales. Son principe : des habitants se regroupent pour renforcer la résilience de leur territoire, c’est-à-dire sa capacité à encaisser les chocs énergétiques, climatiques ou économiques, en partant de ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes.
Un mouvement organisé en réseau
Très vite, des groupes d’autres villes veulent reproduire l’expérience. Fin 2006, Rob Hopkins, Ben Brangwyn et un troisième partenaire esquissent, sur une serviette en papier dans un café de Bristol, ce que pourrait être une structure d’appui. Transition Network devient une entité juridique début mars 2007, obtient le soutien de la fondation Tudor Trust et tient sa première conférence en juin 2007, à Ruskin Mill, dans le Gloucestershire. Le réseau fournit depuis des guides, des formations et des outils partagés, tandis que chaque initiative reste autonome.
Transition Network présente aujourd’hui le mouvement comme une démarche qui grandit depuis 2005 et s’est étendue à plus de 48 pays, en milliers de groupes : dans des villes, des villages, des quartiers, des universités, des écoles. Vingt-trois « hubs » nationaux ou régionaux relient les groupes de leur pays. En France, le Réseau Transition revendique environ 150 initiatives et, dans le monde, plus de 2 000.
Des questions très concrètes
Une initiative de transition réunit des volontaires autour de questions pratiques : comment se nourrir davantage de produits locaux, comment se chauffer en consommant moins, comment créer des activités sur place, comment renforcer l’entraide. À Totnes, les premières réunions prennent la forme de forums ouverts, où chacun peut proposer un sujet et former un groupe. Selon Transition Network, les initiatives recourent à des méthodes participatives pour imaginer les changements nécessaires, montent des projets d’énergie renouvelable, relocalisent l’alimentation et créent des espaces verts et collectifs.
Une méthode ouverte et évolutive
En 2008, Rob Hopkins publie The Transition Handbook, traduit en français en 2010 sous le titre Manuel de Transition. De la dépendance au pétrole à la résilience locale, chez Écosociété et Silence. Le livre propose les « 12 étapes de la transition », de la constitution d’un groupe initiateur à la mise en place de groupes de travail thématiques. En 2011, The Transition Companion remplace ces étapes par des « ingrédients » : Rob Hopkins expliquait alors que le modèle en étapes suggérait un ordre trop rigide, alors que les groupes piochent dans une boîte à outils selon leur situation, comme on ouvre un garde-manger.
Objectifs et vision
La vision portée par Rob Hopkins dépasse l’adaptation aux contraintes énergétiques. Il s’agit de construire des communautés capables d’absorber les chocs, de s’adapter et de se réinventer, et de rendre ce changement désirable plutôt que subi.
Énergie, alimentation, économie : ce que visent les villes en transition
Sur le plan énergétique, les villes en transition cherchent à réduire la dépendance aux combustibles fossiles, par la sobriété et par des énergies renouvelables produites et détenues localement. Sur le plan alimentaire, elles encouragent jardins partagés, vergers, maraîchage et circuits courts, sans viser une autosuffisance souvent irréaliste. Sur le plan économique, elles soutiennent la création d’entreprises locales. Certaines initiatives ont créé leur propre monnaie : c’est le cas de Totnes, dont la livre locale a circulé de 2007 à 2019. Le Bristol Pound, lancé en 2012 à Bristol et arrêté en 2021, s’en est en partie inspiré, mais il n’était pas un projet de ville en transition.
Une philosophie du changement positif
Rob Hopkins refuse de mobiliser par la peur. La démarche associe, selon la formule du mouvement, la tête, les mains et le cœur : comprendre les enjeux, agir concrètement, prendre soin de soi et des autres. Transition Network parle de transition intérieure pour désigner les changements culturels et personnels qui accompagnent les projets. Rob Hopkins a approfondi cette idée dans From What Is to What If (2019), paru en français chez Actes Sud en 2020 sous le titre Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ?, avec une préface de Cyril Dion.
La permaculture comme matrice
Le mouvement puise dans la permaculture, que Rob Hopkins a enseignée pendant des années. Ses principes éthiques, prendre soin de la terre, prendre soin des humains et partager équitablement, servent de boussole. La permaculture propose aussi une façon de concevoir : observer avant d’agir, relier les éléments entre eux, commencer petit.
Actions concrètes mises en place
Les initiatives de transition se déclinent en projets très variés. Totnes, où tout a commencé, en offre un panorama détaillé grâce au bilan 2006-2010 que Transition Town Totnes a rédigé pour les prix Ashden, qui récompensent les projets d’énergie durable.
Des rues entières qui économisent l’énergie
Le programme Transition Together, puis Transition Streets, réunit des voisins en petits groupes d’environ huit foyers pour réduire ensemble leur consommation d’énergie et d’eau. En 2010, Totnes compte 59 groupes, dont 45 admis dans Transition Streets, soit plus de 500 foyers. Selon les données des quatre premiers groupes, la participation fait économiser en moyenne à chaque foyer 1,2 tonne de carbone et 601 livres. Plus de la moitié des foyers participants ont de faibles revenus, et plus de 150 installations solaires domestiques sont alors prévues.
Des jardins, des arbres et un toit solaire
Le projet Garden Share met en relation des propriétaires de jardins et des personnes qui veulent cultiver : en 2010, trente jardiniers cultivent treize jardins, et cinquante familles reçoivent des légumes. Un projet de plantation d’arbres à noix a permis de mettre en terre 186 arbres, sur un objectif de 500. Sur le toit de la salle municipale de Totnes, 75 panneaux photovoltaïques produisent environ 13 000 kWh par an, soit près d’un tiers de l’électricité du bâtiment. Plus de 4 000 guides des produits locaux ont été distribués.
Une monnaie pour faire parler de l’économie locale
Le 7 mars 2007, le groupe économie de Transition Town Totnes met en circulation 300 billets numérotés, copies d’un billet émis en 1810 par une banque locale et acceptés par 18 commerces. Rob Hopkins garde le souvenir de la salle entière agitant ses billets. En 2010, plus de 70 commerces acceptent la livre de Totnes. Une gamme complète, avec un billet de 21 livres, est émise en 2014. Faute d’usage suffisant dans une économie de plus en plus sans espèces, la monnaie s’arrête le 30 juin 2019.
Apprendre, transmettre, raconter
Le « reskilling », ou réapprentissage de savoir-faire, fait partie de la démarche dès le cours du soir de 2006. Le projet Transition Tales a touché plus de mille élèves de l’établissement secondaire King Edward VI de Totnes. Le même bilan estime que plus de trois habitants sur quatre de Totnes et de Dartington connaissaient alors l’action de l’association.
La diffusion hors de Totnes
Hors de Totnes, chacune des villes en transition adapte les principes à son contexte. Les Incroyables Comestibles, nés à Todmorden, dans le nord de l’Angleterre, et fondés sur des bacs potagers en libre-service, font partie des projets que Transition Town Totnes mène aujourd’hui en ville. En Belgique, Rob Hopkins a été fait citoyen d’honneur de Liège en novembre 2022, signe de l’écho du mouvement en Wallonie, où il avait participé en 2019 à une rencontre des monnaies locales de la région.
Résultats observés
Vingt ans après son lancement, le mouvement a changé d’échelle, mais ses résultats restent difficiles à agréger : les initiatives sont autonomes et publient rarement des bilans comparables.
Les villes en transition, une diffusion mondiale
Né dans un bourg de 8 000 habitants, le mouvement compte aujourd’hui des milliers de groupes dans près de cinquante pays, selon Transition Network. Le réseau travaille désormais aussi avec des municipalités, sur l’entrepreneuriat, la réparation et le soin des communautés. En France, le Réseau Transition fédère environ 150 initiatives.
À Totnes, des projets qui durent
Transition Town Totnes est toujours active. L’association caritative affiche des projets autour du logement abordable à faible impact, du partage de savoir-faire, de la création d’activités, de la baisse des coûts énergétiques et des émissions, et de l’économie alimentaire locale : programme REconomy, Incroyables Comestibles, culture du lin avec Totnes Grows Flax et Devon Grows Flax, restauration de la nature, forums de résilience. Rob Hopkins a aussi été administrateur de la Totnes Community Development Society, porteuse du projet Atmos Totnes de reconversion d’une ancienne laiterie.
Dans sa thèse de doctorat, soutenue en 2010 à l’université de Plymouth et consacrée à Transition Town Totnes, Rob Hopkins estime que l’approche de la transition est efficace pour susciter l’engagement et faire naître de nouvelles entreprises. Il souligne aussi que certains projets, comme Transition Together, parviennent à réduire les émissions des participants.
« Les obstacles à la résilience et à la relocalisation […] tiennent à des questions de gouvernance et au besoin d’un entrepreneuriat social plus développé. »
Rob Hopkins, thèse de doctorat, université de Plymouth, 2010
Une audience internationale
Rob Hopkins est devenu une figure internationale de l’écologie. Membre du réseau Ashoka, il a reçu deux doctorats honoris causa, de l’université de l’Ouest de l’Angleterre et de l’université de Namur. En 2012, le quotidien The Independent le classait parmi les cent écologistes de référence du pays. Il a pris la parole à TEDGlobal et apparaît dans Demain, le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent sorti en décembre 2015 et récompensé par le César du meilleur film documentaire en 2016, ainsi que dans sa suite, Après demain (2018), de Cyril Dion et Laure Noualhat. Dans Demain, la séquence tournée à Totnes s’inscrit dans le chapitre consacré à l’économie.
Ses livres ont été traduits en français : Manuel de Transition (2010), Ils changent le monde ! 1001 initiatives de transition écologique (Seuil, 2014, préface d’Olivier De Schutter), Et si… on libérait notre imagination (Actes Sud, 2020). En 2025, il a publié How to Fall in Love with the Future. Il anime aussi le podcast From What If to What Next, qui compte une centaine d’épisodes.
Difficultés ou limites rencontrées
Le mouvement des villes en transition a suscité de nombreux travaux universitaires, dont une partie est critique. Ses propres acteurs ont aussi documenté leurs échecs.
Sortir de la niche
La principale difficulté, selon la thèse de Rob Hopkins, est de passer du statut d’organisation de niche à celui de structure économiquement viable, qui touche un large public. Il y observe aussi, à Totnes, un écart persistant entre les valeurs affichées et les pratiques. En 2012, les chercheurs Gill Seyfang et Alex Haxeltine, de l’université d’East Anglia, arrivaient à une conclusion voisine : pour peser sur la transition énergétique, le mouvement doit davantage travailler avec les acteurs établis et fixer des attentes réalistes à ses participants.
Le temps et le financement
Une initiative de transition repose largement sur le bénévolat. Participer à des réunions, des ateliers et des chantiers demande du temps, que tout le monde n’a pas. Les projets les plus ambitieux, comme l’installation de panneaux solaires ou la reconversion d’un site, exigent des financements que les groupes peinent parfois à réunir. À Totnes, la livre locale, portée par une équipe bénévole réduite, a pris fin en 2019 faute d’usage suffisant et d’appui des organismes publics locaux.
La question politique
Une partie de la critique porte sur la dimension politique des villes en transition. Certains chercheurs le qualifient de « post-politique » : en privilégiant le consensus local, il éviterait les conflits avec les structures économiques dominantes. Le chercheur Gerald Taylor Aiken, dans un article publié en 2017 dans Environment and Planning A, discute cette lecture : il soutient que la notion de communauté, au cœur de la transition, a une portée politique souvent sous-estimée par ces critiques.
Une inclusion à construire
Les initiatives de transition sont souvent portées par des personnes déjà sensibilisées à l’écologie, ce que la thèse de Rob Hopkins désigne comme une difficulté à dépasser le cercle des convaincus. Le bilan de Totnes montre que ce n’est pas une fatalité : plus de la moitié des foyers de Transition Streets avaient de faibles revenus. Mais cet effort doit être renouvelé projet après projet.
L’échelle et l’urgence
Enfin, l’action locale ne suffit pas à elle seule à réduire les émissions au rythme demandé par les scientifiques. Le mouvement ne le prétend pas : il se présente comme une manière de préparer les esprits et les territoires, en complément des politiques publiques, et travaille de plus en plus avec les collectivités.
Enseignements et réplicabilité
L’expérience accumulée depuis 2006 offre des repères utiles à toute commune ou tout quartier qui voudrait se lancer.
- Commencer par sensibiliser : à Totnes, projections, conférences et cours du soir ont précédé le lancement officiel de plusieurs mois.
- Ouvrir la parole : les forums ouverts permettent à chacun de proposer un sujet et de rejoindre un groupe de travail.
- Choisir ses outils : les « ingrédients » de la transition se combinent selon le contexte, sans ordre imposé.
- Commencer petit et rendre visible : un toit solaire, un jardin partagé ou quelques centaines de billets locaux suffisent à montrer que le changement est possible.
- Travailler à l’échelle de la rue : les groupes de huit foyers de Transition Streets ont touché des ménages modestes et produit des économies mesurables.
- S’appuyer sur un réseau : guides, formations et échanges entre initiatives évitent de repartir de zéro.
- Accepter qu’un projet s’arrête : la fin de la livre de Totnes n’a pas empêché l’association de poursuivre d’autres chantiers.
Lancer une initiative dans sa commune
Rob Hopkins insiste sur le point de départ : quelques personnes motivées, aux compétences et aux réseaux variés, qui organisent des événements conviviaux et ouverts. Projections suivies de débats, repas partagés, ateliers de jardinage ou de réparation : ces moments permettent d’élargir progressivement le cercle.
Le lien avec les acteurs existants compte aussi. Plutôt que de créer systématiquement de nouvelles structures, les groupes gagnent à travailler avec les associations, les entreprises et les élus déjà engagés dans le développement durable. Transition Network propose pour cela des ressources en ligne et des formations, et le Réseau Transition relaie en France les initiatives et les rencontres.
Adapter sans copier
Chaque territoire a son histoire, ses ressources et ses contraintes. Une initiative de transition réussie s’ancre dans ces spécificités, plutôt que de reproduire à l’identique ce qui a été fait à Totnes. Les échanges entre groupes servent justement à s’inspirer sans copier.
Lien avec les enjeux globaux de la transition
Le mouvement des villes en transition s’inscrit dans les grands défis de la transition écologique : réduire les émissions de gaz à effet de serre, s’adapter aux effets du changement climatique, préserver les ressources.
Énergie et alimentation
En réduisant la consommation d’énergie des foyers, en installant des panneaux solaires et en développant des projets d’énergie citoyenne, les initiatives participent à la décarbonation. En relocalisant une partie de l’alimentation et en soutenant des pratiques comme la permaculture ou l’agroécologie, elles réduisent la dépendance à des chaînes d’approvisionnement lointaines.
Démocratie et résilience
Le mouvement porte aussi une vision de la démocratie participative. Forums ouverts, groupes de travail, décisions prises entre voisins : les villes en transition proposent une forme d’engagement citoyen qui ne passe pas d’abord par les élections, mais qui gagne à dialoguer avec elles. Le travail engagé avec des municipalités montre que les deux logiques peuvent se compléter. La notion de résilience, centrale chez Rob Hopkins, a pris un relief particulier avec la pandémie de Covid-19 et la multiplication des événements climatiques extrêmes.
Une famille de mouvements
En France, le mouvement Colibris, fondé en 2006 autour de Pierre Rabhi, partage plusieurs principes avec la transition : action concrète, changement personnel et collectif, récit positif. Cyril Dion, qui en fut le directeur à partir de la fin 2006 avant de rejoindre le collège des fondateurs en 2013, a coréalisé Demain. Le film présente aussi d’autres expériences racontées sur le site, comme les Incroyables Comestibles de Todmorden, la livre de Totnes ou le Bristol Pound.
Imaginer pour agir
Le dernier livre de Rob Hopkins, paru en 2025, invite à « tomber amoureux du futur ». Son travail sur l’imagination prolonge l’intuition de départ du mouvement : on ne construit que ce que l’on parvient d’abord à se représenter. Les villes en transition servent à rendre ces futurs tangibles, rue par rue.
Conclusion
Parti de Kinsale en 2005 et de Totnes en 2006, le mouvement des villes en transition est devenu en vingt ans un réseau de milliers de groupes dans près de cinquante pays. Rob Hopkins en a été l’un des fondateurs et reste l’une de ses voix, mais la démarche repose sur des habitants qui, dans chaque commune, décident de s’organiser.
Les résultats sont concrets à l’échelle locale : des foyers qui économisent énergie et argent, des toits solaires, des jardins partagés, des entreprises accompagnées. Les limites sont connues et documentées : difficulté à sortir de la niche, dépendance au bénévolat, projets qui s’arrêtent, comme la livre de Totnes en 2019, et une portée politique encore discutée.
Le message qui a fait le succès des villes en transition tient pourtant toujours : il est possible de commencer tout de suite, là où l’on vit, avec quelques voisins, et de rendre le changement désirable. C’est cette invitation que Demain a portée auprès d’un large public francophone.
Sources détaillées
Documents de référence
- Film Demain (2015) — documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, produit par Move Movie avec France 2 Cinéma, Mars Films et Mely Productions, distribué par Mars Films, sorti le 2 décembre 2015, César du meilleur film documentaire 2016. Séquence tournée à Totnes avec Rob Hopkins, chapitre consacré à l’économie. Fiche Unifrance (nouvel onglet)
- Dossier pédagogique Demain — Alice Mennesson, Cinéfête 2017 : découpage du film et étapes du chapitre Économie. kinoamraschplatz.de (nouvel onglet)
- Après demain (2018) — documentaire de Cyril Dion et Laure Noualhat. allocine.fr (nouvel onglet)
- Transition Town Totnes, So, What Does Transition Town Totnes Actually Do? The Story So Far… 2006-2010 — bilan rédigé pour les prix Ashden : Transition Streets, Garden Share, arbres, toit solaire, livre de Totnes. transitionculture.org (nouvel onglet)
Ouvrages de Rob Hopkins
- Manuel de Transition. De la dépendance au pétrole à la résilience locale — Écosociété et Silence, 2010, traduction de The Transition Handbook (Green Books, 2008). Dossier de presse (nouvel onglet)
- Ils changent le monde ! 1001 initiatives de transition écologique — Seuil, octobre 2014, préface d’Olivier De Schutter. seuil.com (nouvel onglet)
- Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ? — Actes Sud, collection Domaine du possible, 2020, préface de Cyril Dion. actes-sud.fr (nouvel onglet)
- Rob Hopkins, Localisation and Resilience at the local level: the case of Transition Town Totnes — thèse de doctorat, université de Plymouth, 2010. pearl.plymouth.ac.uk (nouvel onglet)
Sites web officiels
- Transition Network — présentation du mouvement, nombre de pays et de hubs. transitionnetwork.org (nouvel onglet)
- 10 years of Transition Network: the early days — chronologie 2006-2007. news.transitionnetwork.org (nouvel onglet)
- Réseau Transition France — initiatives françaises et chiffres du mouvement. entransition.fr (nouvel onglet)
- Transition Town Totnes — projets en cours de l’association. transitiontowntotnes.org (nouvel onglet)
- Rob Hopkins — About — biographie, livres, distinctions, citoyenneté d’honneur de Liège. robhopkins.net (nouvel onglet)
- Mouvement Colibris — Les fondateurs et fondatrices — création en 2006 et rôle de Cyril Dion. colibris-lemouvement.org (nouvel onglet)
Articles et études
- Conversation with Rob Hopkins — Awakin, biographie : Irlande, Kinsale, installation à Totnes en 2005, forums ouverts. awakin.org (nouvel onglet)
- Kinsale Energy Descent Action Plan — Transition Culture, 24 novembre 2005. transitionculture.org (nouvel onglet)
- Exploring the ingredients for Transition with Rob Hopkins — Resilience, entretien de 2011 sur le passage des « 12 étapes » aux « ingrédients ». resilience.org (nouvel onglet)
- My talk at the celebration of the life and times of the Totnes Pound — Rob Hopkins, 5 avril 2019 : histoire et fin de la livre de Totnes. robhopkins.net (nouvel onglet)
- Saying Farewell to the Totnes Pound — Transition Town Totnes, 2019. transitiontowntotnes.org (nouvel onglet)
- Gerald Taylor Aiken, « The politics of community: Togetherness, transition and post-politics » — Environment and Planning A, vol. 49, n° 10, 2017, p. 2383-2401. ideas.repec.org (nouvel onglet)
- Gill Seyfang et Alex Haxeltine, « Growing grassroots innovations » — Environment and Planning C, vol. 30, n° 3, 2012, p. 381-400. research-portal.uea.ac.uk (nouvel onglet)
- Totnes — Wikipédia (en anglais) : population au recensement de 2021. en.wikipedia.org (nouvel onglet)
Et chez nous ?
Et si nous organisions, comme à Totnes en 2006, une projection suivie d’un débat dans la salle de notre commune, pour réunir les quelques voisins prêts à lancer un premier projet de transition ?
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