Alimentation/Agriculture · Détroit, États-Unis
Détroit : renaissance par l’agriculture urbaine, l’exemple de la D-Town Farm

Dans le parc Rouge, à l’ouest de Détroit, des bénévoles se retrouvent chaque week-end pour cultiver plus de trente fruits, légumes et herbes sur les 2,8 hectares de la D-Town Farm. Portée par Malik Yakini et un réseau d’habitants noirs de la ville, cette ferme montrée dans « Demain » fait de l’agriculture urbaine un outil d’autonomie alimentaire.
Sommaire
Contexte du cas
Détroit, au Michigan, s’est construite autour de l’industrie automobile. En 1950, la ville comptait 1 849 568 habitants, son record historique. Au recensement de 2010, il n’en restait que 713 777, soit une baisse d’environ 61 %. La chute s’est poursuivie ensuite, avant une stabilisation récente : selon la Ville, l’estimation du Bureau du recensement pour 2023, 633 218 habitants, marquait la première année sans perte de population depuis 1957.
Ce départ massif a laissé derrière lui des maisons vides, des commerces fermés et des milliers de terrains abandonnés. C’est sur ce foncier délaissé que l’agriculture urbaine a pris racine. Une chronique publiée par Alimentation générale à la sortie de Demain résume l’idée du film : dans une ville passée de deux millions d’habitants à environ 700 000, cultiver en ville a un sens.
Un accès difficile aux produits frais
La fermeture des supermarchés a compliqué l’accès aux produits frais dans de nombreux quartiers. Une étude publiée en 2013 dans Public Health Nutrition rappelle que seuls 8 % des commerces acceptant l’aide alimentaire fédérale à Détroit étaient des épiceries ou des supermarchés, contre 92 % de magasins d’alcool, de dépanneurs et d’autres points de vente dits marginaux. Elle cite aussi des travaux montrant que la moitié des habitants vivait dans des zones où le premier supermarché était deux fois plus loin que le premier de ces commerces. En 2012, le Fair Food Network estimait que les habitants dépensaient chaque année environ 200 millions de dollars en courses dans les banlieues, faute de magasins en ville.
La population la plus touchée est majoritairement afro-américaine. C’est dans ce contexte qu’un groupe d’habitants noirs a décidé de reprendre en main la production et la distribution de sa nourriture.
Ce que montre « Demain »
Le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent consacre à Détroit une séquence de son chapitre sur l’alimentation. Le dossier pédagogique réalisé par Zérodeconduite y décrit les fermes urbaines comme un outil de sociabilité et de lutte contre la précarité, et situe deux passages : l’association Keep Growing Detroit, vers la dixième minute, puis la D-Town Farm, un peu plus d’une minute plus tard. Le site officiel de la sortie allemande présente Malik Yakini comme le responsable de la D-Town Farm, une ferme de sept acres, soit 2,8 hectares, près du parc Rouge, et comme le fondateur et directeur du Detroit Black Community Food Security Network. Le film n’entre pas dans le détail de l’organisation ; cet article complète son propos avec des sources américaines et donne l’état de l’initiative en 2026.
Présentation de l’initiative
Le Detroit Black Community Food Security Network, ou DBCFSN, est fondé en 2006. Selon l’encyclopédie Wikipédia, qui s’appuie sur des travaux universitaires, Malik Yakini réunit alors une quarantaine d’habitants à la librairie Black Star Community Bookstore pour lancer un collectif de jardinage biologique. Le Smithsonian, dans son exposition consacrée à l’alimentation américaine, le présente comme un éducateur et militant qui a cofondé le réseau cette année-là.
Malik Yakini a longtemps dirigé une école de Détroit, la Nsoroma Institute Public School Academy. Il a raconté à Michigan Public, en 2024, avoir grandi en mangeant les légumes du jardin de son grand-père, venu de Géorgie pour travailler à l’usine Ford Rouge, et avoir été marqué à 13 ans par un discours de Malcolm X qui liait l’alimentation à la libération des Noirs américains.
De la sécurité à la souveraineté alimentaire
Le réseau a depuis changé de nom : il s’appelle aujourd’hui le Detroit Black Community Food Sovereignty Network. Le passage de la « sécurité » à la « souveraineté » alimentaire n’est pas un détail. Il signifie que l’objectif n’est plus seulement que chacun mange à sa faim, mais que la communauté contrôle elle-même la façon dont sa nourriture est produite, vendue et partagée.
La D-Town Farm, une agriculture urbaine à grande échelle
La ferme commence modestement en 2006, sur un quart d’acre du côté est de la ville, selon le journal étudiant Mirror News. Elle s’installe en 2008 dans le parc Rouge, à l’ouest. D’après Wikipédia, le réseau obtient d’abord de la Ville une licence temporaire de dix ans pour un terrain de deux acres, au prix symbolique d’un dollar par an, puis s’étend à sept acres en 2010. Le réseau la décrit aujourd’hui comme une parcelle d’un peu plus de sept acres, au sein de la pépinière Meyers, au 14027 West Outer Drive. Le site Detroitisit la présentait en 2022 comme la plus grande des nombreuses fermes et jardins de la ville.
Un mouvement bien plus large
La D-Town Farm n’est pas seule. Keep Growing Detroit, l’autre acteur montré dans le film, prolonge le Garden Resource Program lancé en 2003 par Ashley Atkinson ; l’association a été créée sous ce nom en 2013. Elle fournit semences, plants, conseils et mise en réseau à plus de 1 550 jardins, selon Wikipédia. Earthworks Urban Farm, portée par la Capuchin Soup Kitchen, cultive de son côté une ferme biologique certifiée de 1,25 acre sur le côté est. La Ville de Détroit revendique aujourd’hui plus de 2 200 jardins et fermes, ce qui en fait l’une des places fortes mondiales de l’agriculture urbaine.
Objectifs et vision
La sociologue Monica M. White, qui a étudié le réseau, résume en 2011 sa démarche dans la revue Environmental Practice. Le DBCFSN utilise l’agriculture comme une stratégie de résistance aux facteurs structurels qui ont laissé une grande partie de Détroit en situation d’insécurité alimentaire. La ferme sert à la fois de centre communautaire, de lieu où l’on parle d’alimentation saine dans un langage culturellement pertinent, et de modèle concret de travail collectif, d’autonomie et d’action politique.
« Nous n’avons pas la maîtrise du système qui nous fournit notre nourriture. »
Malik Yakini, cofondateur du Detroit Black Community Food Sovereignty Network, sur Michigan Public en 2024 (traduction)
L’autonomie plutôt que la charité
Ce constat guide la stratégie du réseau. Il ne s’agit pas de distribuer des colis, mais de construire des structures que la communauté possède. Monica White souligne que les fermiers du réseau cherchent à améliorer le quotidien des habitants plutôt qu’à mobiliser contre les institutions, et qu’ils participent ainsi au renouveau d’une ville longtemps délaissée par les pouvoirs publics, l’industrie automobile et les commerçants.
Faire circuler l’argent dans le quartier
Le second objectif est économique. Dès 2010, le réseau travaille à ouvrir une coopérative alimentaire. Malik Yakini expliquait en 2024 à Michigan Public vouloir créer une boucle fermée, en vendant localement des produits locaux pour que l’argent reste dans la communauté. Auprès de Planet Detroit, il décrivait un modèle dans lequel les habitants possèdent réellement le commerce et font circuler les bénéfices dans leur quartier.
Transmettre aux plus jeunes
Le troisième objectif est éducatif. Le Smithsonian mentionne le programme périscolaire Food Warriors, qui fait cultiver des légumes à des enfants et leur apprend les bases de la nutrition. La ferme accueille aussi des visites, des sorties scolaires et des ateliers, et forme de nouveaux cultivateurs par le bénévolat et des stages. L’agriculture urbaine devient ainsi une école de la souveraineté alimentaire.
Actions concrètes mises en place
Les actions du réseau vont du champ au magasin. Elles s’appuient sur un terrain municipal, sur un noyau de salariés et de bénévoles, et sur une série de partenariats avec la Ville, l’État du Michigan et des organisations locales.
Cultiver plus de trente espèces
Le réseau indique cultiver chaque année plus de trente fruits, légumes et plantes aromatiques à la D-Town Farm, avec des méthodes durables et régénératrices. La saison s’étend de mars à novembre, rythme imposé par l’hiver du Michigan. En 2026, les créneaux de bénévolat étaient ouverts le samedi et le dimanche, de 9 heures à 13 heures, du 15 mars au 22 novembre. Le réseau propose aussi des tutoriels de jardinage en vidéo pour ceux qui cultivent chez eux.
Vendre sur place et en ville
Selon Mirror News, en 2023, la ferme vendait ses produits à des restaurants de la ville, sur des marchés de producteurs et directement aux visiteurs lors de journées de marché organisées le samedi et le dimanche, de juin à octobre. Ces circuits courts rapprochent les habitants de ceux qui cultivent, et les recettes contribuent au fonctionnement de la ferme.
Former les habitants à l’agriculture urbaine
La ferme sert de lieu d’apprentissage. Visites guidées, sorties scolaires, ateliers pratiques et stages permettent aux habitants d’acquérir les gestes de l’agriculture urbaine et, pour certains, d’envisager d’en faire un métier. Le bénévolat du week-end est aussi une porte d’entrée : on vient y apprendre en travaillant aux côtés de l’équipe.
Le compost comme chantier d’avenir
Le réseau mène des actions de compostage avec des partenaires municipaux et a lancé une campagne de financement pour agrandir ses équipements de compostage à l’occasion des vingt ans du réseau, en 2026. La Ville de Détroit, de son côté, a lancé en 2025 un programme de compostage soutenu à hauteur de 100 000 dollars par l’entreprise Carhartt, signe que le sujet dépasse désormais les seules associations.
La Detroit Food Commons et sa coopérative
L’action la plus ambitieuse se trouve au nord du centre-ville, dans le quartier historique du North End. Au 8324 Woodward Avenue, le réseau a construit avec le promoteur Develop Detroit la Detroit Food Commons, un bâtiment de deux étages de 31 000 à 34 000 pieds carrés selon les sources, soit environ 2 900 à 3 200 mètres carrés, dont Planet Detroit estimait le coût à 20 millions de dollars. La Ville y a contribué à hauteur de 2 millions de dollars de fonds fédéraux de développement communautaire, aux côtés de fondations et d’entreprises comme la Ford Foundation, la Knight Foundation et General Motors. Le Detroit People’s Food Co-op, un supermarché coopératif dirigé par des Noirs américains, y a ouvert le 1er mai 2024. Chaque membre achète une part de 200 dollars, qui lui donne un droit de vote et une part des bénéfices. L’étage accueille les bureaux du réseau, des cuisines partagées baptisées Kujichagulia Kitchens et une salle de réception.
Résultats observés
Les résultats de la D-Town Farm sont surtout qualitatifs et organisationnels. Le réseau ne publie pas, dans les sources consultées, de chiffres de récolte ou de nombre de familles nourries.
Une ferme qui dure depuis près de vingt ans
Le premier résultat est la durée. Installée dans le parc Rouge depuis 2008, la ferme fonctionne toujours en 2026, alors que le réseau fête ses vingt ans. Le réseau se présente aujourd’hui comme un acteur de référence de l’agriculture urbaine et de la souveraineté alimentaire, partenaire de l’État du Michigan et de la Ville.
Une coopérative qui a trouvé son public
La coopérative a rassemblé ses premiers membres bien avant d’ouvrir : près de 1 500 en avril 2022, selon BridgeDetroit, environ 2 300 à la veille de l’ouverture, selon Planet Detroit. En juin 2025, un an après l’inauguration, Planet Detroit en comptait plus de 5 000. En 2025, la Ville de Détroit a reçu pour son rôle dans ce projet le prix Audrey Nelson, décerné par la National Community Development Association.
Une agriculture urbaine reconnue par la ville
L’agriculture urbaine a obtenu un cadre légal avec l’ordonnance municipale de 2013. Keep Growing Detroit indique que la plupart des membres de son programme produisent au moins la moitié des fruits et légumes qu’ils consomment pendant la saison, selon leurs propres déclarations. Le nombre de jardins et de fermes est passé à plus de 2 200 selon la Ville.
Une reconnaissance nationale
Le travail de Malik Yakini et du réseau figure dans l’exposition du Smithsonian consacrée à l’alimentation américaine, au chapitre de la justice alimentaire. Demain, vu par plus d’un million de spectateurs en France et récompensé par le César du meilleur documentaire en 2016, a fait connaître la ferme au public francophone.
Difficultés ou limites rencontrées
L’histoire de la D-Town Farm est souvent racontée comme une renaissance. Les sources disponibles invitent à la nuance.
Peu de données publiques
Aucune évaluation indépendante des effets de la ferme sur la santé ou sur l’alimentation des familles n’a été trouvée. Les volumes récoltés ne sont pas publiés. Les chiffres qui circulent sur Internet, comme ceux de kilos produits ou de familles nourries, ne sont appuyés par aucune source vérifiable. Le rôle de la ferme se mesure donc surtout par sa durée, par son influence et par les structures qu’elle a fait naître.
Un « désert alimentaire » à nuancer
La représentation de Détroit comme un désert alimentaire généralisé est contestée. En 2015, Dorceta Taylor et Kerry Ard ont recensé 3 499 points de vente et de production alimentaires dans la ville, dont 96 supermarchés ou grandes épiceries et 206 fermes, jardins et marchés. Leur conclusion : si certains quartiers manquent de commerces, décrire toute la ville comme un désert alimentaire est trompeur. L’étude de 2013 citée plus haut montrait aussi qu’après prise en compte des autres facteurs, vivre à Détroit n’était pas associé de façon significative à l’indice de masse corporelle. L’agriculture urbaine ne peut donc pas être présentée comme la solution unique aux problèmes de santé.
La question du foncier
La ferme cultive un terrain municipal, sous licence. Cet accès reste dépendant des choix de la Ville. Le foncier de Détroit a d’ailleurs suscité de vifs débats. En décembre 2012, le conseil municipal a approuvé à cinq voix contre quatre la vente de plus de 140 acres de terrains vacants à Hantz Woodlands, pour une plantation d’arbres, à 300 dollars la parcelle. Des élus y ont vu une opération foncière déguisée, et des habitants se sont plaints de ne pas pouvoir acheter de petites parcelles aux mêmes conditions pour leurs propres projets.
Alliances et conflits
La géographe Flaminia Paddeu, dans Sous les pavés, la terre, publié au Seuil en 2021, compare les agricultures urbaines de Paris, New York et Détroit et met en lumière les alliances, mais aussi les conflits, que suscite ce retour de l’agriculture dans les métropoles. Qui cultive, sur quelle terre et au profit de qui : ces questions accompagnent le développement de l’agriculture urbaine à Détroit.
Une échelle limitée et des projets coûteux
Avec 2,8 hectares, la D-Town Farm est grande pour une ferme urbaine, mais modeste au regard des besoins d’une ville de plus de 630 000 habitants. La saison s’arrête en hiver. Quant à la Detroit Food Commons, dont le coût était estimé à 21,3 millions de dollars au lancement du chantier, elle a mis des années à voir le jour : l’ouverture de la coopérative, un temps annoncée pour 2019, puis pour l’automne 2023, a finalement eu lieu en mai 2024, après un retard lié à l’approvisionnement d’une pièce du chantier selon Axios. Ces projets reposent sur des campagnes de dons et des partenaires, ce qui les rend vulnérables.
La transmission de la direction
Le réseau a longtemps été identifié à son fondateur. En mai 2024, lors du dîner d’inauguration de la Detroit Food Commons, Malik Yakini a présenté shakara tyler et Gi’Anna D. Cheairs comme futures codirectrices exécutives, selon la National Black Food & Justice Alliance. Réussir ce passage de relais est un enjeu pour toute organisation portée par une figure charismatique.
Enseignements et réplicabilité
L’expérience de la D-Town Farm montre qu’un projet d’agriculture urbaine peut durer lorsqu’il est porté par ceux qui en ont besoin et qu’il s’inscrit dans une stratégie plus large que la seule production. On peut en tirer plusieurs pistes :
- Obtenir un accès stable à la terre : une convention ou une licence avec la commune, même au prix symbolique d’un dollar par an, rend possibles les investissements.
- Commencer petit : la ferme est partie d’un quart d’acre avant d’atteindre sept acres.
- Donner la direction aux habitants concernés : un projet conçu par la communauté elle-même a plus de légitimité qu’une initiative parachutée.
- Organiser le bénévolat : des créneaux fixes, le week-end, sur toute la saison, permettent à chacun de venir apprendre.
- Vendre localement : journées de marché, restaurants, marchés de producteurs.
- Relier la ferme à l’école : visites, programme périscolaire, ateliers.
- Penser au-delà du champ : compost, cuisines partagées et coopérative de consommateurs complètent la production.
- S’appuyer sur un réseau : semences et plants mutualisés, comme ceux que distribue Keep Growing Detroit.
Le montage de la Detroit Food Commons offre une autre leçon : les parts de 200 dollars achetées par des milliers d’habitants n’auraient pas suffi seules. Elles ont été complétées par des fonds publics fédéraux gérés par la Ville et par des fondations. Un projet communautaire ambitieux gagne à combiner ces trois sources dès le départ, sans perdre la maîtrise des décisions.
Toutes les villes n’ont pas le foncier vacant de Détroit. Mais une friche, une parcelle communale, un toit ou une cour d’école peuvent servir de point de départ, à condition de clarifier dès le début qui décide et qui en profite.
Lien avec les enjeux globaux de la transition
Selon les Nations unies, 68 % de la population mondiale devrait vivre en ville en 2050. Nourrir les villes deviendra un défi central, et l’agriculture urbaine en sera une composante, parmi d’autres.
Justice alimentaire et héritage
L’expérience de Détroit relie écologie et justice sociale. Monica White, dans Freedom Farmers, publié en 2018 aux presses de l’université de Caroline du Nord, situe le renouveau des mouvements de justice et de souveraineté alimentaires à Détroit, Chicago, Milwaukee, New York et La Nouvelle-Orléans dans la longue histoire de la résistance agricole des Noirs américains.
D’autres expériences de « Demain »
Le film présente d’autres expériences alimentaires déjà racontées sur ce site. À Todmorden, en Angleterre, les Incroyables Comestibles plantent des légumes en libre-service dans l’espace public. En Normandie, la ferme du Bec-Hellouin montre ce que peut produire une petite surface cultivée de façon intensive et naturelle. En Inde, Vandana Shiva défend les semences paysannes. Détroit y ajoute la dimension de la propriété collective, jusqu’au supermarché coopératif. Le film présente aussi le réseau BALLE, qui défend l’économie locale aux États-Unis, logique que la Detroit Food Commons applique à l’alimentation.
Conclusion
Née en 2006 sur un quart d’acre, installée depuis 2008 dans le parc Rouge, la D-Town Farm cultive aujourd’hui plus de trente espèces sur 2,8 hectares, avec des bénévoles qui reviennent chaque week-end de mars à novembre. Elle est le visage le plus connu d’une agriculture urbaine qui compte plus de 2 200 jardins et fermes à Détroit.
En 2026, l’initiative est active et a grandi : le réseau, devenu Detroit Black Community Food Sovereignty Network, fête ses vingt ans, a ouvert en 2024 une coopérative alimentaire qui compte plus de 5 000 membres, et prépare le passage de relais de son fondateur. Les limites sont réelles, du manque de données à la dépendance au foncier municipal. Mais l’exemple de Détroit montre qu’une communauté peut faire de l’agriculture urbaine un levier pour reprendre en main son alimentation.
Sources détaillées
Documents de référence
- Demain — film documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, 2015, produit par Bruno Levy (Move Movie), César du meilleur documentaire 2016. Séquence consacrée aux fermes urbaines de Détroit. Fiche du film sur Unifrance (nouvel onglet) · Fiche du film sur Wikipédia (nouvel onglet)
- Tomorrow, site officiel de la sortie allemande — présentation de Malik Yakini et de la D-Town Farm. tomorrow-derfilm.de (nouvel onglet)
- Dossier pédagogique Géographie-EMC de « Demain » — Zérodeconduite, séquencier : Keep Growing Detroit et D-Town Farm. jeunepublic.veocinemas.fr (nouvel onglet)
- Demain, un nouveau monde en marche — Cyril Dion, Actes Sud, collection Domaine du possible, 2015, livre tiré du film. mollat.com (nouvel onglet)
- Demain, un film citoyen — Alimentation générale, 30 décembre 2015. alimentation-generale.fr (nouvel onglet)
Sites web officiels
- DBCFSN — D-Town Farm — surface, adresse, cultures, bénévolat, vingt ans du réseau. dbcfsn.org (nouvel onglet)
- DBCFSN — Detroit Food Commons — adresse et occupants du bâtiment. dbcfsn.org (nouvel onglet)
- Keep Growing Detroit — Garden Resource Program — services du programme et autoproduction déclarée par les membres. detroitagriculture.net (nouvel onglet)
- Capuchin Soup Kitchen — Earthworks Urban Farm — ferme biologique certifiée de 1,25 acre. cskdetroit.org (nouvel onglet)
- Ville de Détroit — Urban Agriculture — ordonnance de 2013, plus de 2 200 jardins et fermes, programme de compostage. detroitmi.gov (nouvel onglet)
- Ville de Détroit — Detroit grows in population for the first time in decades — estimation de population 2023. detroitmi.gov (nouvel onglet)
- Food Justice and Good Food Enterprises — Smithsonian, National Museum of American History : fondation du réseau, D-Town Farm, Food Warriors. americanhistory.si.edu (nouvel onglet)
- 68 % of the world population projected to live in urban areas by 2050 — Nations unies, DESA, 16 mai 2018. un.org (nouvel onglet)
Articles de presse
- Malik Yakini and Detroit’s new Black-owned food co-op aim to build food sovereignty — Michigan Public, 16 février 2024. michiganpublic.org (nouvel onglet)
- Detroit People’s Food Co-op to open May 1 — Planet Detroit, février 2024. planetdetroit.org (nouvel onglet)
- Community ownership at the heart of Detroit People’s Food Co-op’s mission — Planet Detroit, 10 juin 2025. planetdetroit.org (nouvel onglet)
- People’s Food Co-op rewrites economics in Detroit grocery battle — BridgeDetroit, 25 avril 2022 : coût du projet, membres, étude du Fair Food Network. bridgedetroit.com (nouvel onglet)
- Detroit by Drone: People’s Food Co-op opening delayed until early 2024 — Axios Detroit, 15 août 2023. axios.com (nouvel onglet)
- City of Detroit to receive 2025 Audrey Nelson Award — Ville de Détroit, 2025 : surface du bâtiment, financements, prix de la NCDA. detroitmi.gov (nouvel onglet)
- Grand Openings and Transitions: Detroit Food Commons — National Black Food & Justice Alliance, 2024 : passage de relais à la direction. blackfoodjustice.org (nouvel onglet)
- Black Food Sovereignty in Detroit — Mirror News, 18 décembre 2023 : débuts de la ferme, ventes, journées de marché. mirrornews.hfcc.edu (nouvel onglet)
- 6 Detroit Urban Farms Open To The Public — Detroitisit, 2 août 2022. detroitisit.com (nouvel onglet)
- Detroit Council approves mass Hantz Woodlands land sale — Michigan Public, 11 décembre 2012. michiganpublic.org (nouvel onglet)
Études et ouvrages
- D-Town Farm: African American Resistance to Food Insecurity and the Transformation of Detroit — Monica M. White, Environmental Practice, vol. 13, n° 4, 2011. cambridge.org (nouvel onglet)
- Food Availability and the Food Desert Frame in Detroit — Dorceta E. Taylor et Kerry J. Ard, Environmental Practice, vol. 17, n° 2, 2015. cambridge.org (nouvel onglet)
- A food desert in Detroit: associations with food shopping and eating behaviours, dietary intakes and obesity — Budzynska et al., Public Health Nutrition, 2013. pmc.ncbi.nlm.nih.gov (nouvel onglet)
- Freedom Farmers: Agricultural Resistance and the Black Freedom Movement — Monica M. White, University of North Carolina Press, 2018. uncpress.org (nouvel onglet)
- Sous les pavés, la terre. Agricultures urbaines et résistances dans les métropoles — Flaminia Paddeu, Seuil, collection Anthropocène, 2021. seuil.com (nouvel onglet)
- Detroit Black Community Food Security Network — Wikipédia (en anglais) : fondation, licence de 2008, extension de 2010. en.wikipedia.org (nouvel onglet)
- Keep Growing Detroit — Wikipédia (en anglais) : Garden Resource Program, nombre de jardins soutenus. en.wikipedia.org (nouvel onglet)
- Population historique de Détroit — Biggest US Cities, données du recensement 1950-2023. biggestuscities.com (nouvel onglet)
Et chez nous ?
Et si nous demandions à notre mairie de confier, pour un euro symbolique, une parcelle communale inutilisée à un collectif d’habitants prêt à y cultiver chaque week-end, comme Détroit l’a fait pour la D-Town Farm ?
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